Qu'est ce que le PIC - Plan d'Investissement dans les Compétences ?

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  • Type
    Dossiers
  • Date de parution
    janvier 2019
  • Apprentissage/Alternance, Economie Verte / Développement Durable, Emploi/Formation, Orientation VAE, Dispositifs, Formations
  • Producteur
    C2RP

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  • Bilan et état des lieux
  • Présentation
  • Publics et modalités
  • Pilotage
  • Outils et projets financés

A l’occasion d’un déplacement ministériel à Châtellerault, le 27 septembre 2021, le Premier ministre Jean Castex a détaillé le nouveau volet du Plan d’investissement dans les compétences.

Ce nouveau plan s’articule autour de 3 objectifs :

  • le soutien aux secteurs en tension,
  • la formation des salariés,
  • et celle des demandeurs d’emploi de longue durée.

Doté d’un budget de 1.4 milliards d’euros, 900 millions d’euros seront mobilisés dès cette année 2021. Au titre de l’année 2021, 600 millions seront débloqués « immédiatement pour permettre aux PME de moins de 300 salariés de former 350 000 personnes supplémentaires. »

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c2rp-budget-pic-typologie-actions.jpg, par benedicte

Une part importante des mesures visent spécifiquement les entreprises de 50 à 250 salariés. Ces dernières ont en effet moins recouru à la formation, du fait de la fin de la mutualisation des financements de la formation. Cette disposition avait été introduite par la réforme de la loi « Avenir professionnel ».

Tour d’horizon des dispositifs bénéficiant du soutien de ce nouveau plan d’investissement dans les compétences.

Soutien au FNE

Le dispositif FNE Formation, mobilisable à l’initiative des entreprises, sera prolongé afin de permettre le financement :

  • de « 50 000 formations longues de 400 heures en moyenne, pour des parcours de reconversion ou de transition visant l’obtention d’une qualification professionnelle et permettant de sécuriser durablement les trajectoires professionnelles »,
  • de « 300 000 formations courtes de 40 heures en moyenne, pour des parcours de développement des compétences répondant aux enjeux immédiats de reprise particulièrement ciblés pour les TPE-PME ».

Favoriser le recours au dispositif « Transitions collectives »

Instauré depuis 2021, les Transitions collectives doivent permettre aux salariés dont les emplois sont menacés de procéder à une reconversion professionnelle. L’enjeu est double : maintenir l’employabilité des individus, tout en répondant aux besoins en recrutement des entreprises.

Afin d’accroître l’usage de ce dispositif, le Gouvernement propose :

  • de simplifier l’accès à Transitions collectives en supprimant l’obligation pour les entreprises d’adopter un accord de Gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP). Dorénavant, l’information et la consultation du Comité social et économique (CSE) sera suffisante,
  • d’accompagner les salariés volontaires dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective ou d’un accord de GEPP. En permettant au salarié d’être placé en congé de mobilité exonéré de charges sociales pendant 24 mois. L’Etat pourra prendre en charge jusqu’à 100 % des frais pédagogiques engagés,
  • la création d’un réseau local de délégués à l’accompagnement des reconversions professionnelles pour simplifier les démarches des entreprises et contribuer à une meilleure coordination des différents acteurs impliqués (Opco, Association Transitions pro …).
  • d’augmenter les moyens et les capacités d’actions des plateformes territoriales d’appui aux transitions professionnelles. Ces dernières ont pour mission de mettre en relation des entreprises dont les emplois sont menacés avec celles ayant des besoins en recrutement.  

Amplifier l’effort de formation à destination des demandeurs d’emploi (via les AFPR et les POEI)

Afin d’accroître le nombre de formations proposées aux demandeurs d’emploi, le nouveau plan d’investissement dans les compétences prévoit de mobiliser 560 millions d’euros supplémentaires jusqu’en 2022.

Ces nouveaux investissements devront financer « de nouvelles actions de formation à destination des demandeurs d’emploi, ciblées vers les métiers en tension ». Les formations se déroulant en entreprises, celles en situation de travail ou présentant un taux de retour à l’emploi plus important seront prioritaires.

C’est dans cet état d’esprit que les formations associées à une promesse d’embauche (AFPR) ou les Préparations opérationnelles à l’emploi (POEI) seront fortement soutenues. Ce nouveau plan ambitionne de financer 15 000 formations supplémentaires via les formations de types AFPR et 50 000 nouvelles Préparations opérationnelles à l’emploi.

Pour faciliter le recours à ces programmes, l’Etat compte simplifier les démarches des entreprises. Ces dernières pourront procéder à des demandes de prises en charge en ligne. Les montants de ces prises en charge seront plus élevés et les durées des parcours seront révisées pour plus de souplesse.

Répondre aux besoins spécifiques des métiers de l’industrie et de la construction

Les secteurs de l’industrie et de la construction sont sujets à des difficultés de recrutement, particulièrement pour les métiers techniques et d’encadrement intermédiaire. Afin de répondre à cette problématique, 5 000 actions de formations spécifiques seront financées.

Ces financements permettront de lever des freins au recours à la formation. Ces freins peuvent être dû au coût onéreux des plateaux techniques, à un seuil de rentabilité économique difficile à atteindre en formation, ou à des niveaux de prérequis insuffisant de la part des publics formés. Ces démarches pourraient être étendues à d’autres secteurs d’activités.

Actions de remobilisation à destination des demandeurs d’emploi de longue durée

Pôle emploi se verra confiée la conduite d’actions de remobilisation spécifiques.

Concernant les personnes au chômage depuis moins de 12 mois, des actions de remise en dynamique professionnelle seront proposées. Ces dernières permettront « en partant des métiers qui recrutent, d’identifier ceux pour lesquels le demandeur d’emploi dispose de compétences », de réaliser une évaluation objective de sa maîtrise de gestes professionnels techniques, de se ré-entraîner aux savoir-être professionnels, d’acquérir des compétences numériques, ou encore de préparer son entrée en formation.

Concernant les demandeurs d’emploi de très longue durée, ou inactifs depuis plus de deux ans, un parcours « intensif » leur sera proposé. Ce parcours intègre un « diagnostic individuel qui permettra de définir, selon les besoins de la personne, un programme d’actions individualisé, accompagné et planifié ». Un accompagnement spécifique aux problèmes de santé pourra être proposé si ces dernières freinent le retour à l’emploi. Par ailleurs, un accompagnement psychosocial, réalisé par des professionnels de santé et par un conseiller en insertion pourra également être enclenché pendant 6 mois.

Au total, ce sont 35 000 actions de remise en dynamique professionnelle pour les demandeurs d’emploi de longue durée qui seront financés dans le cadre de ce nouveau plan d’investissement dans les compétences.

Pôle emploi contactera également la totalité des demandeurs d’emploi de longue durée d’ici fin 2021, afin de les orienter vers les nouvelles mesures du plan.

Primes à l’embauche pour la signature de contrat de professionnalisation « senior »

Une prime à l’embauche sera accordée à chaque employeur concluant un contrat de professionnalisation auprès d’un demandeur d’emploi de longue durée. Cette prime sera mise en place jusqu’à fin 2022.

Elle sera versée la première année du contrat et sera d’un montant de 8 000 euros. Ce montant est équivalent aux aides actuellement versées pour favoriser la signature d’un contrat d’alternance chez les jeunes.
Cette prime sera majorée de 2 000 euros pour toute embauche de demandeurs d’emploi âgés de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation.

Doublement des accompagnements « Nouveaux Horizon » proposés par l’Apec

L’Apec verra également ses moyens augmentés afin de doubler le nombre de bénéficiaires de son dispositif « Nouveaux Horizons ». Ce sont ainsi 3 000 suivis personnalisés pour les cadres demandeurs d’emploi de longue durée qui viendront s’ajouter. Ce programme d’une durée de 7 mois s’adresse aux cadres qui cherchent un emploi depuis plus d’un an. Il comprend un suivi personnalisé par un consultant, des ateliers collectifs, la construction d’un nouveau projet professionnel et une aide à la préparation aux entretiens d’embauche.  

Poursuite du PIC

Le Gouvernement compte via des appels à projets nationaux poursuivre le développement des « parcours sans couture ».

50 000 actions de formations supplémentaires seront financées dans toute la France, en recourant notamment à l’Afest. Il s’agira de « formations de réentraînement intégrant des périodes en entreprise, dans les métiers en très forte tension (grande distribution, logistique, sécurité, aide aux personnes, tourisme, loisirs) ». La volonté est de construire des formations sur mesure avec les entreprises, afin de répondre à leurs difficultés de recrutement.

Nouvel avenant au Pric

Les partenariats Etat-Régions feront l’objet d’avenants pour déployer ce nouveau plan jusqu’en 2022. Les régions sont invitées à proposer des réponses permettant de lever certains freins au recrutement, notamment ceux ayant trait au logement ou à la mobilité des actifs.

Le budget de ce nouveau plan, d’un montant de 1.4 milliard d’euros provient en partie d’un redéploiement des crédits d’urgence budgétés dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire.

 

 

Bilan d’étape à mi-parcours du PIC

Publié en avril 2021, ce bilan d’étape permet d’apprécier la déclinaison opérationnelle du PIC et de ses impacts en matière d’entrées en formation et d’emploi.

Le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) initié en 2018 s’est donné pour ambitions :

  • de former deux millions de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et de jeunes éloignés du marché du travail,
  • de répondre aux besoins des entreprises et de contribuer à la transformation des compétences, notamment liée aux transitions écologique et numérique,
  • d’innover et de transformer par l’expérimentation.

Accroissement des entrées en formation

Premiers effets du Plan d’investissement dans les compétences, le nombre d’entrées en formation a fortement progressé, particulièrement pour les personnes éloignées de l’emploi. Elles sont dorénavant 1 sur 6 à se former, contre 1 sur 10 avant la mise en œuvre du plan.

Le nombre de demandeurs d’emploi en formation est évalué à 1 million d’individus par an à partir de 2019 et 40% de ces formations sont financées dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences.

On note qu’il n’y a pas eu d’effet de concurrence entre les dispositifs. Les entrées en apprentissage et le recours au CPF ont également fortement progressé sur cette même période.

Autres cibles privilégiées du plan du PIC : les jeunes de moins de 30 ans. Ces derniers représentent 40% des entrées en formation. Les demandeurs d’emploi des catégories A, B et C à fin décembre 2019 représentent, de leur côté, 27,3% des entrées en formation.

Au total, ce sont donc un peu plus d’un million d’entrées en formation qui ont été financées par le PIC entre 2018 et 2020.

 

Les personnes au RSA ont nettement davantage accès à la formation, la part des résidents des quartiers prioritaires progresse légèrement, alors que la part des personnes en situation de handicap diminue

Comparativement à leur part dans la demande d’emploi (15%), les bénéficiaires du RSA représentent, en 2020, 24% des entrées en formation.

14% des entrées en formation concernent des résidents des quartiers prioritaires, alors qu’ils représentent 13% des demandeurs d’emploi.

En revanche, l’accès à la formation des personnes en situation de handicap reste en deçà de leur poids de la demande d’emploi (pour respectivement 8,1% et 7,6%).

 

Accroissement du nombre d’abandon de formation dû à la crise sanitaire

Si avant le PIC, 8,2% des stagiaires abandonnait leur formation, ce taux est passé à 7,7% jusqu’au début de la crise sanitaire. Une fois celle-ci installée, le taux d’abandon des stagiaires a progressé jusqu’à 9,3%.

 

Top 3 des secteurs de formation

Les formations suivies ont principalement concerné les secteurs de l’industrie (16%), du transport (11%), de la gestion, des RH et de la direction des entreprises (6%).

Deux autres spécialités tirent leur épingle du jeu : le développement personnel et professionnel (15%), ainsi que l’apprentissage des langues étrangères (6%).

 

Un taux d’insertion en emploi en légère progression

Le taux d’accès à l’emploi était en légère progression de 1,5 point avant la crise sanitaire. Il atteignait alors 57,6 %, avant de s’effondrer à 50,8% une fois la crise installée. Ce taux d’accès à l’emploi s’est également accru de 3 points, pour les personnes suivant une formation certifiante. Il s’établissait ainsi à 57,6%, juste avant la crise.

 

Aux origines du PIC, état des lieux des mutations des emplois et de l’accès à la formation

 

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c2rp-dossier-pic-infographie-etat-des-lieux.jpg, par sabrina

Un an après : premiers bilans du PIC

Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi, fait le point sur la première année du PIC.

 

 

Ce sont ainsi près de 150 projets qui ont été retenus dans le cadre du PIC, dont une trentaine plus spécifiquement dédiés aux enjeux d’analyse et de prospectives des compétences.

D’autres appel à projets : « 100% inclusion », « Intégration des réfugiés » et les « prépa apprentissage » ont permis d’offrir « des parcours pédagogiques modularisés et individualisés ».

Enfin, au niveau régional, Jean-Marie Marx rappelle que 18 Pacte ont été signé.

Prochain chantier à venir : la création de « labs » permettant aux différents porteurs de projets de se rencontrer et de travailler « ensemble sur les enjeux et les freins qu’ils rencontrent ». Une plateforme collaborative sera ouverte d’ici la fin d l’année.

 

Origine du PIC : un programme faisant parti du Grand Plan d’Investissement

Le 4 juillet 2017, le Gouvernement via le Premier ministre Edouard Philippe annonce la création du « Grand Plan d’Investissement » (GPI).

Ce plan vise à investir sur la durée du quinquennat près de 57 milliards d’euros.

Objectif : permettre à la France de relever quatre défis majeurs :

  • la neutralité carbone,
  • l’accès à l’emploi,
  • la compétitivité par l’innovation
  • l’État numérique.
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c2rp-gouvernement-priorites-grand-plan-investissement.jpg, par sabrina

 

Un de ces défis intitulé « Renforcer les compétences et l’emploi » est donc directement dédié à l’orientation, à la formation et à l’insertion professionnelle. Il se décline en deux axes :

  • « former et accompagner vers l'emploi 2 millions de personnes peu qualifiées, afin d'apporter une réponse concrète au chômage des moins qualifiés, dont le taux de chômage atteint 18 % »,
  • « financer des expérimentations dans l’Éducation nationale et accompagner les transformations du premier cycle universitaire, afin d’améliorer la formation initiale des jeunes, leur orientation au lycée comme à l’université et leur insertion professionnelle ».

13,8 milliards d’euros seront ainsi consacrés à la lutte contre le chômage des actifs les moins qualifiés, ainsi que pour la formation et l’insertion professionnelle des jeunes. La volonté de former un million de jeunes et un million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés est affirmée. 52 % de ce budget devrait être déployé dans le cadre de conventions régionales.

 

 

La conception et le déploiement de ce Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) sont confiés le 7 novembre 2017 à Estelle Sauvat nommée Haut-Commissaire à la Transformation des Compétences. Cette dernière missionne alors le CNEFOP pour outiller les futurs « Pactes régionaux d’investissement dans les compétences ». La phase de mise en œuvre du plan est ensuite confiée le 18 juillet 2018 à Monsieur Jean-Marie Marx, Haut-Commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi.

Deux documents sont commandés au Cnefop :

  • la conception d’un guide méthodologique à destination des Crefop, comportant des recommandations « relatives aux modalités d’élaboration, de suivi et d’évaluation des Pactes régionaux dans le cadre d’une concertation quadripartite »,
  • un second document prenant la forme d’un « guide de l’achat de formation de qualité ». Ce dernier doit « mettre en lumière et suggérer des modalités d’achat de la formation, à la fois plus agiles et plus pérennes, et de penser investissements qualité, transformation de l’offre, logique d’amélioration continue et adaptabilité ». Des mises à jour semestrielles devront permettre « de faire des zooms sur certains modes d’achat particulièrement innovants ou sur les bonnes pratiques développées par des acheteurs de la formation ».

 

Les trois axes d'intervention du PIC

« Pour une meilleure anticipation des besoins en compétences et de leurs adaptations au marché du travail, via des parcours de formation personnalisés »

  • Mieux analyser les besoins de compétences pour mieux orienter les politiques de formation et les personnes

La méthodologie de mise en œuvre du PIC se base sur une meilleure prospection des besoins. Pour cela, des investissements seront engagés dans des outils innovants permettant de mieux analyser les besoins en compétences et les perspectives d’emploi des territoires. L’analyse des données de masse permettra d’adapter et de proposer une offre de formation plus efficace répondant aux besoins des entreprises.

  • Financer de nouveaux parcours de formation et d’accompagnement vers l’emploi durable

Les programmes d’investissement devront également favoriser la personnalisation des parcours de formation de par une meilleure orientation des individus et un diagnostic des compétences numériques du bénéficiaire. Si besoin, des actions de renforcement des savoirs de base (lecture, écriture, calcul…) pourront être entreprises.

  • Innover et transformer par l’expérimentation, dans le cadre d’appels à projets

Les organismes de formations occuperont une place centrale du dispositif. Des appels à projets d’expérimentation et d’innovations leurs seront adressés et leur permettront d’accélérer leur transition numérique et de moderniser leur offre. La volonté est également de renforcer les approches non scolaires et d’encourager les apprentissages par le « faire ».

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c2rp-portraits-personnes.jpg, par sabrina

Seront ciblés prioritairement au titre du PIC : « les personnes peu ou pas qualifiées (…) les formations de remise à niveau, de maîtrise des savoirs de base, de remobilisation ou d’aide à l’élaboration de projet », mais également :

  • les habitants des quartiers prioritaires de la ville et des zones rurales,
  • les parents isolés,
  • les personnes en situation de handicap.

Par ailleurs, pour faciliter l’entrée en formation des jeunes, le Haut-commissaire à la transformation des compétences souhaite que les jeunes ne soient plus obligés d’être inscrits à Pôle emploi, pour pouvoir bénéficier d'une formation financée ou cofinancée par l’État.

 

Gestion des entrées en formations

Les Régions gèrent les modalités d’organisation du PIC. Elles organisent les entrées en formation supplémentaires en coordination avec Pôle emploi, conformément à leurs compétences en matière de formation. Elles peuvent gérer seules les entrées en formation, ou confier une partie de cette commande à Pôle emploi.

 

Coût moyen d’une action dans le cadre du PIC

Si, dans le cadre du « Plan 500 000 », le forfait de prise en charge était plafonné à 3 000 euros, ce montant sera porté à 4 500 euros dans le cadre du PIC et à 8 500 euros pour une action qualifiante.

 

PIC : une lettre et un numéro vert dédiés aux publics les plus éloignés de l’emploi

C’est dans ce contexte, que l’arrêté du 23 décembre 2019, publié au Journal officiel du 5 avril 2020, portant sur la création d'un « traitement automatisé de données à caractère personnel relatif à la campagne de communication » du PIC, a permis de rentrer en contact massivement avec des personnes peu qualifiées et éloignées de l’emploi.

Deux actions sont initiées. La première baptisée « courrier PIC » est confiée à la DGFEP. Elle prévoit « l’envoi de courriers individuels d’information à destination des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et des jeunes éloignés du marché du travail (…) afin de les sensibiliser sur les opportunités de formation et de parcours formatifs » pouvant être mobilisés dans la cadre du PIC.

Le ministère du Travail et le haut-commissariat aux compétences ont adressé fin janvier un courrier aux demandeurs d’emploi non-inscrits en formation et aux personnes non-qualifiées inscrites à Pôle emploi, résidents en QPV (Quartier prioritaire de la politique de la ville) et en ZRR (Zone de revitalisation rurale).

Ce courrier adressé à plus de 1,3 millions de personnes, les invite à contacter un numéro vert, le : "0801 01 08 08". La ministre du Travail précise que ce numéro a pour vocation à les aider à trouver une formation et à faciliter leur retour à l’emploi, via un accompagnement individualisé.

Les personnes pourront ainsi bénéficier d’un « renseignement de premier niveau » et être orientées vers un conseiller Pôle emploi ou Mission locale. Ces derniers auront 72 heures pour recontacter le bénéficiaire. La plateforme téléphonique effectuera un mois après, un second appel, pour s’assurer de la qualité de l’accompagnement mis en place.

 

Le PIC mobilisé dans le cadre de la lutte contre le Covid-19

La ministre du Travail indique que « la crise sans précédent du Covid-19 nécessite la mobilisation et la solidarité de tous. Pour accompagner les établissements de santé de plusieurs régions, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a décidé de mobiliser des enveloppes exceptionnelles du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) pour permettre aux élèves-infirmiers et élèves aides-soignants de venir en renfort du personnel soignant ».

Ce déploiement de moyens se fera en partenariat avec les conseils régionaux et les Agences régionales de santé. Quatre régions sont dans un premier temps concernées : les Hauts-de-France, l’Ile-de-France, la région Grand Est et la région Auvergne-Rhône-Alpes. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (non-signataire du PIC) pourrait également bénéficier de ce plan.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé que « pour faire face à cette urgence sanitaire, nous sommes tous pleinement mobilisés. Dans ces régions, les élèves-infirmiers et élèves aides-soignants vont pouvoir accompagner au quotidien le personnel soignant. Pour les aider, j’ai d’ores et déjà mobilisé 57 millions de crédits du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) pour permettre d’accompagner financièrement les 35 000 élèves appelés en renfort dans les établissements de santé ».

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c2rp-silhouettes-entreprise-4.jpg, par sabrina

Un comité stratégique est composé de huit représentants des régions, huit membres issus des partenaires sociaux, huit « personnalités » expertes et huit représentants de l’État, de Pôle emploi et des missions locales.

Ce comité stratégique se réunira deux fois par an. Il observera les investissements engagés et leurs résultats, afin de rediriger si nécessaire les financements vers les projets les plus pertinents.

Un comité technique déclinera les décisions financières.

 

Enfin, le comité scientifique, constitué de 17 membres, rassemble des universitaires et des chercheurs, spécialisés en économie, en sociologie, en psychologie et en science de l’éducation.

Ils se chargeront plus spécifiquement de l’évaluation des 60 programmes initiés d’ici la fin du quinquennat.

Le comité scientifique d’évaluation est présidé par Marc Gurgand, économiste et professeur à l’École d’économie de Paris. Les travaux d’évaluation doivent donner lieu à un rapport annuel et global à l’issue du plan en 2022. Il est attendu que le comité suive la mise en œuvre du plan et l’articulation de ses différentes déclinaisons : programmes nationaux, pactes territoriaux, et expérimentations…

Concernant l’évaluation du plan et de ses programmes, les porteurs de projets (Régions, organismes de formation…), ainsi que des chercheurs ou la Dares, pourront proposer au comité des projets d’évaluation. Le comité pourra alors en retenir certains et leur confier un APR (Appel à Projets de Recherche). Ces projets, en amont de leur lancement, seront présentés pour avis au CNEFOP, ainsi qu’à France compétences. L’enveloppe prévue pour financer des actions d’évaluation pour la période 2018-2022 est de 18 millions d’euros.

Le secrétariat du comité scientifique est assuré pour son fonctionnement par la Dares.

 

La DGFEP, la Dares, France Stratégie, Pôle emploi ainsi que le SGPI seront associés à ces comités.

En complément des appels à projet, l’État mobilise le PIC afin de développer et de soutenir des initiatives en faveur de l’orientation, de la qualification et de l’emploi des personnes les plus en difficulté.

 

Outils numériques bénéficiant du soutien du PIC

 

Pix

La startup d’État « Pix », propose un « parcours pour évaluer les compétences de base au numérique ». Cet outil, déployé dans le cadre du PIC, permet de mesurer le niveau de compétences numériques des individus (étudiants, salariés, personnes en recherche d'emploi) et de proposer un accompagnement adapté.

Cinq domaines de compétences sont évalués :

  • Information et données (mener une recherche, gérer des données…)
  • Communication et collaboration (interagir, partager…)
  • Création de contenu (développer des documents multimédias, programmer…)
  • Protection et sécurité (sécuriser l’environnement numérique, protéger les données personnelles…)
  • Environnement numérique (résoudre des problèmes techniques…)

La certification Pix est inscrite à l’inventaire CNCP. Le test doit être effectué dans un centre agréé. Il est également possible de la passer dans toutes les agences Pôle emploi, ainsi que dans les missions locales.


Diagoriente

DiagOriente est une startup d’État de la DGEFP. Cette application numérique se donne pour objectif d’aider les jeunes à identifier leurs centres d’intérêts professionnels et d’analyser les compétences transversales qu’ils ont pu acquérir au travers de leurs diverses expériences.

Il s’agit d’un « outil qui aide à apprendre aux jeunes à s’approprier une méthode d’analyse de leurs expériences pour les traduire en compétences ». Pour cela et au travers d’une approche ludique, les jeunes sont invités à :

  • identifier et sélectionner des expériences personnelles,
  • nommer les activités de chaque expérience,
  • graduer 3 ou 4 compétences majeures.

Eva

Eva est un outil de positionnement et de valorisation des compétences destiné aux jeunes, aux personnes éloignées de l’emploi ou peu qualifiées.

Son ambition est de faciliter le retour à l’emploi et/ ou à la formation, en détectant les freins, comme l’illettrisme, tout en valorisant les compétences fortes. Cet outil permet de fournir aux professionnels de l’accompagnement et de l’orientation des éléments factuels sur le positionnement des compétences de base et transversales, facilitant ainsi l’orientation des personnes vers des formations ou des choix de carrière adaptés.

Pour cela, l’outil propose un ensemble d’activités et de jeux en ligne. Sont évaluées : les compétences transversales, comme la comparaison et le tri, l’attention et la concentration, l’organisation et la méthode, la vitesse d’exécution, ainsi que le niveau de vigilance et de contrôle. Il est également possible de mesurer le niveau de maîtrise des compétences de base en mathématiques, en français et de repérer les situations d’illettrisme.

 

Plans et dispositifs bénéficiant du soutien du PIC

 

Plan Pauvreté

Mobilisation du PIC dans le cadre du Plan pauvreté

Le Gouvernement souhaite que le PIC permette de financer des actions visant à former et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Cette offre « reposera sur des solutions déjà existantes et qui ont fait leur preuves – Garantie jeunes, École de la Deuxième Chance, Epide, Pôle emploi – en renforçant en particulier les moyens consacrés au Pacea ».

Par ailleurs, dans le cadre du PIC des expérimentations seront lancées pour « diversifier les opérateurs et les modalités de la Garantie jeunes ».


 

Le chèque numérique

L’État compte consacrer 10 millions d’euros au financement de « chèque numérique ».

Ces chèques permettront de bénéficier d’heures de formations gratuites au numérique pour des durées de 10 à 20h. Ces chèques pourront être utilisés dans des espaces labellisés pour leur action de médiation numérique : missions locales, espaces publics numériques…


 

Le PIAL

Le parcours d’intégration par l’acquisition de la langue (PIAL) « permet à des jeunes étrangers extra-européens, qui ne disposent pas du niveau minimal de maîtrise du français, de bénéficier d’un accompagnement individuel visant :

  • À garantir leur intégration réussie dans un dispositif intensif de droit commun (de type Garantie jeunes, école de la seconde chance, établissement pour l’insertion dans l’emploi, etc.).
  • Si leur situation le permet, à accéder directement à une formation ou au marché du travail ».

Le PIAL dure entre 3 et 6 mois. Il permet de disposer d’une formation linguistique et d’une allocation visant à sécuriser le parcours du bénéficiaire.


Cléa

Cléa est une certification inscrite au répertoire spécifique des certifications professionnelles. Elle atteste de la maîtrise du « socle de connaissances et de compétences professionnelles utiles pour un individu afin de favoriser son accès à la formation professionnelle et son insertion professionnelle ». 

Elle est mobilisable par les salariés, comme par les demandeurs d’emploi. CléA peut leur permettre de reconnaître officiellement les compétences qu’ils ont acquises au cours de leurs parcours et d’en acquérir de nouvelles, via un parcours de formation personnalisé.

Les 7 domaines de compétences couverts par CléA sont :

  • La communication en français
  • L’utilisation des règles de bases de calcul et du raisonnement mathématique
  • L’utilisation des techniques usuelles de l’information et de la communication numérique
  • L’aptitude à travailler dans le cadre des règles définies d’un travail en équipe
  • L’aptitude à travailler en autonomie et à réaliser un objectif individuel
  • La capacité d’apprendre à apprendre tout au long de la vie
  • La maîtrise des gestes et postures, et le respect des règles d’hygiène, de sécurité et environnementales élémentaires

Le PIC prévoit de mobiliser 20 millions d’euros pour encourager et contribuer à l’obtention de cette certification.

 

Structures d'accompagnement à destination des jeunes en difficultés bénéficiant du soutien du PIC

 

E2C

Un conventionnement avec le réseau des Écoles de la Deuxième prévoit d’accueillir dans le cadre du PIC et d’ici 2022, 6 000 jeunes supplémentaires.

L’accompagnement des jeunes en E2C se compose de trois phases :

  • « Une phase d’intégration qui permet d’évaluer les besoins du jeune et sa motivation. À l’issue de cette phase d’une durée de 4 à 6 semaines, le jeune signe un « contrat d’engagement », comprenant notamment son plan personnalisé de formation.
  • Une phase d’accompagnement au cours de laquelle s’alternent des stages en entreprise, des formations de remise à niveau sur les savoirs de base et un accompagnement personnalisé. Cette phase dure environ 6 mois.
  • Une phase dite « post-parcours », qui permet de suivre le jeune jusqu’à un an après sa sortie de l’E2C. »

Le montant de cette convention est chiffré à 15 millions d’euros.


Epide

Les Établissements pour l’insertion dans l’emploi (EPIDE) accompagnent des jeunes de 18 à 25 ans ayant des difficultés à trouver une formation ou un travail.

L’accompagnement dure près de 8 mois. Durant cette période les bénéficiaires sont suivis par un chargé d’insertion professionnelle, des formateurs, des enseignements en matière générale et en informatique. Ils disposent également de chargés d’accompagnement social.

Le parcours au sein d’un Epide permet au jeune de :

  • construire un projet professionnel,
  • suivre une formation générale et spécialisée, pour acquérir un socle de compétences clés (mathématiques, français) tout en suivant des cours d’informatique, d’aide à la mobilité, et de sport),
  • d’apprendre « à prendre soin de soi et des autres et devenir des adultes citoyens, autonomes et responsables ».