Séjours des jeunes à l’étranger : des objectifs européens partiellement atteints, mais un accès encore inégal à la mobilité

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  • Type
    Etudes / Enquêtes
  • Date de parution
    janvier 2019
  • Emploi/Formation, Observation
  • Producteur
    Autres producteurs

A partir de l’enquête Génération 2013, le Céreq a étudié les parcours des jeunes ayant réalisé au moins un séjour à l’étranger en cours de formation.

Dans le cadre de la stratégie Education et Formation 2020, l’Union Européenne a fixé deux objectifs concernant les périodes d’études ou de formation à l’étranger. Ils devraient concerner a minima :

  • 20 % des diplômés de l’enseignement supérieur,
  • 6 % des 18-34 ans diplômés de l’enseignement secondaire professionnel.

En France, cet objectif est évalué à partir de l’enquête Génération 2013 du Céreq : 16 % des diplômés de l’enseignement supérieur ont réalisé une période d’études ou de formation à l’étranger. Cette proportion est équivalente à celle de l’Allemagne et de la Suède mais moindre qu’aux Pays-Bas et au Luxembourg.

Pour les diplômés de l’enseignement professionnel secondaire, entre 3 % et 4 % des jeunes diplômés ont effectué un séjour à l’étranger d’au moins deux semaines lié à cet enseignement.

Ces proportions restent proches mais en deçà des objectifs à atteindre. Elles ne prennent pas en compte les périodes de vacances, les séjours linguistiques ni les emplois réalisés à l’étranger qui concernent au total près de la moitié des enquêtés.

L’enquête Génération montre que l’accès à la mobilité internationale reste encore inégal. Les expériences de mobilité transnationale durant les études sont liées à des caractéristiques sociodémographiques. Certains jeunes partent moins souvent à l’étranger pendant leurs études, il s’agit de ceux :

  • dont les deux parents ne sont pas cadres,
  • issus de l’immigration,
  • étrangers étudiant en France,
  • issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Enfin, il existe une corrélation entre le niveau de diplôme des jeunes et le fait qu’ils soient partis à l’étranger durant leurs études.

Afin d’observer la diversité des séjours à l’étranger en cours d’études, le Céreq a réalisé une typologie et distingue 6 profils-types de séjours qui prennent en compte :

  • le motif du séjour,
  • la durée du séjour,
  • le mode de financement,
  • l’existence et la forme d’un mode de reconnaissance (diplôme, certificat…).

La classe 1 concerne 9 % des séjours. Ils sont généralement liés à une période d’études, de durées variables, financés à l’aide de bourses internes au système éducatif, le mode de reconnaissance est également variable.

La classe 2 concerne 4 % des séjours. Il s’agit principalement de stages à l’étranger de plus de 3 mois, financés simultanément par une indemnité de stage et une bourse relevant d’un dispositif public externe d’accompagnement à la mobilité en cours de formation, soit européen (Erasmus+, Léonardo…), soit proposé par une collectivité territoriale (Conseil régional, commune…). Le stage est reconnu par un certificat.

La classe 3 concerne 30 % des séjours, soit la plus importante. Il s’agit principalement de stages à l’étranger de durées variables financés soit à l’aide d’une bourse relevant d’un dispositif public externe d’accompagnement, soit uniquement par une indemnité de stage, soit grâce à la seule aide financière de la famille. Le stage est reconnu par un certificat.

La classe 4 concerne 23 % des séjours. Il s’agit de période d’études longues dans un établissement de formation. Ils sont financés par une aide familiale et/ou une bourse relevant d’un dispositif public externe d’accompagnement. Ils sont majoritairement reconnus par un diplôme.

La classe 5 concerne 18 % des séjours. Il s’agit de période d’études courtes. Le financement repose principalement sur la famille, les autres étant financés à l’aide d’une bourse relevant d’un dispositif public externe d’accompagnement. Il n’y a pas de reconnaissance certifiante.

La classe 6 concerne 16 % des séjours. Il s’agit de séjours non financés, de durée variable mais majoritairement sans reconnaissance certifiante.

 

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