Comprendre les mutations pour adapter les réponses
Les transformations numériques, écologiques et organisationnelles redessinent en profondeur les besoins en compétences. Dans ce contexte, l'innovation en formation ne consiste plus seulement à créer de nouveaux dispositifs : elle implique une évolution des postures pédagogiques, une coopération renforcée entre acteurs et une capacité à proposer des situations d'apprentissage authentiques. L'enjeu est de former des individus capables d'agir dans des environnements complexes et d'analyser leurs pratiques.
Des actions ciblées pour des publics spécifiques
Travailleurs expérimentés, personnes en situation de handicap, femmes dans des secteurs sous-représentés, publics éloignés de l'emploi : de nombreux leviers existent pour lever les freins à l'insertion. Parmi eux, des job datings dédiés aux seniors, des approches pédagogiques inclusives intégrant les besoins spécifiques de chaque apprenant, ou encore des dispositifs culturels comme "L'art d'accéder à l'emploi", qui mobilise la création artistique pour restaurer confiance et compétences transversales, avec des taux de retour à l'emploi supérieurs aux moyennes observées.
Des territoires laboratoires d'innovation en Hauts-de-France
Les territoires constituent un espace privilégié pour expérimenter des réponses adaptées aux réalités locales. En Hauts-de-France, région qui compte plus de 2,35 millions d'emplois mais affiche le taux de chômage le plus élevé de France métropolitaine, plusieurs initiatives illustrent cette dynamique.
Saint-Omer (Pays de Saint-Omer)
La Station, lieu ressource combinant coworking, incubateur et campus connecté, s'accompagne d'antennes mobiles pour intervenir dans les communes rurales et faciliter l'accès à l'enseignement supérieur à distance.
Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais)
L'hôtel de formation de l'ADEFI regroupe en un lieu unique l'ensemble des acteurs de l'emploi et de l'orientation. Résultat : 300 personnes formées en six mois, avec un taux d'insertion de 80%. Ce territoire présente des fragilités structurelles marquées — près des trois quarts de la population sans baccalauréat et 70 % des jeunes accueillis en mission locale sans permis de conduire — qui appellent des réponses intégrées, prenant en compte à la fois le projet professionnel et le projet de vie.