Des parcours scolaires plus favorables, mais une insertion plus difficile
Les jeunes femmes des QPV sont moins nombreuses que les hommes à quitter le système scolaire sans diplôme (20 %, contre 28 %) et plus nombreuses à obtenir un diplôme du supérieur court (24 %, contre 12 %). Pourtant, elles accèdent moins souvent à un emploi durable, connaissent davantage de situations d’inactivité et occupent plus fréquemment un emploi temporaire.
Des inégalités persistantes sur le marché du travail
Six ans après leur sortie du système éducatif, 19 % des jeunes femmes des QPV ont connu une trajectoire d’accès durable à l’emploi à durée indéterminée, contre 28 % des hommes. Parmi les diplômés du supérieur, l’écart entre les femmes et les hommes dans l’accès au statut de cadre atteint 23 points. Par ailleurs, 20 % des femmes déclarent avoir subi une discrimination à l’embauche ou dans l’emploi, contre 14 % des hommes du même territoire.
La parentalité, un facteur supplémentaire de différenciation
En 2023, 36 % des jeunes femmes issues des QPV sont mères, contre 12 % des hommes qui sont pères. La monoparentalité concerne également davantage les femmes : 15 % vivent seules avec un ou plusieurs enfants, contre 6 % des femmes des quartiers environnants.
La présence d’enfants est associée à des situations professionnelles différentes selon le genre. Parmi les jeunes issus des QPV, 52 % des mères sont en emploi, contre 86 % des pères. Dans les quartiers environnants, ces proportions atteignent respectivement 74 % et 90 %.
Des facteurs à prendre en compte dans les politiques publiques
Les écarts observés mettent en évidence le cumul des inégalités liées au lieu de résidence, au genre et à la parentalité dans les parcours d’insertion des jeunes femmes des QPV. Ces constats soulignent notamment l’importance de prendre en compte les contraintes liées à la parentalité, dont l’accès aux modes de garde, dans les politiques publiques en faveur de l’insertion professionnelle.