Comprendre les mutations pour adapter les réponses à l'échelle de la région Hauts-de-France
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Ces évolutions interviennent dans un contexte régional marqué par des tensions structurelles sur le marché de l’emploi.
La région Hauts-de-France compte plus de 2,35 millions d’emplois et près de 130 000 établissements, mais présente également le taux de chômage le plus élevé de France métropolitaine.
Comme l’explique Florence Vantours, responsable de service Observation au C2RP, cette situation reflète un décalage persistant entre les besoins des entreprises et les compétences disponibles. Ce paradoxe s’explique notamment par l’évolution rapide des métiers, liée aux transitions numériques, écologiques et organisationnelles.
« Les besoins des entreprises évoluent constamment. Donc ça induit la nécessité d’acquérir des compétences nouvelles et aussi de sans cesse se remettre en question aujourd’hui. »
Femmes dans les métiers techniques, seniors, habitants des quartiers prioritaires ou des zones rurales constituent des ressources encore sous-exploitées.
« Mobiliser un vivier insuffisamment exploité représente un véritable enjeu économique et social pour la région. »
Leur mobilisation suppose de lever des freins multiples : accès à la formation, mobilité, représentations des métiers ou sécurisation des parcours.
Thibaut Douay, directeur de la formation professionnelle à la Région Hauts-de-France, a rappelé que la diversification des publics ne relève plus uniquement d’une démarche sociétale, mais constitue désormais un enjeu stratégique pour répondre aux besoins de recrutement.
« Au-delà d’une simple volonté ou d’un respect d’obligations RSE, ça devient une obligation opérationnelle pour les entreprises si elles veulent trouver les compétences dont elles ont besoin. »
La Région agit notamment en favorisant l’accès à la formation pour tous les publics, quels que soient leur âge, leur niveau ou leur parcours, tout en incitant les organismes de formation à adapter leurs pratiques pédagogiques et à élargir leurs méthodes de sourcing. Cette dynamique vise notamment à toucher des publics encore sous-représentés dans certains secteurs, comme les femmes dans les métiers industriels ou les hommes dans les métiers du soin.
L’enjeu central reste toutefois l’efficacité des parcours.
« L’attente […] c’est de ne pas avoir de place vide, de ne pas avoir d’abandon […] et d’avoir un 100 % d’employabilité. »
Pour la collectivité, la réussite se mesure autant par l’accès à la formation que par son aboutissement et son impact sur l’emploi.
